Prise en main

Utiliser une tarière thermique : démarrage, forage et sécurité

    Tarière thermique tenue à deux mains, pieds écartés, la mèche projetant de la terre lors du forage d'un trou de poteau dans un pré

    La tarière thermique est sortie du carton, le mélange est prêt, et les trente poteaux attendent. Reste à savoir s’en servir sans s’y faire mal. Car une tarière ne coupe pas comme une tronçonneuse, elle visse dans le sol, et quand la spire se prend dans une racine, c’est l’opérateur qui encaisse le couple.

    Bien utilisée, c’est pourtant une machine simple et gratifiante. Les bons gestes tiennent en peu de choses, à condition de les avoir en tête avant le démarrage d’une tarière thermique, et pas après le premier blocage.

    L’essentiel

    • Gants, chaussures montantes, protection auditive et lunettes, et personne à moins de 15 m.
    • Au ralenti, la mèche reste à l’arrêt. Sinon, on règle avant de forer.
    • On fore à mi-gaz, sans appuyer, et l’on dégage la terre à intervalles réguliers.
    • Mèche bloquée : on coupe le moteur et on tourne la machine dans le sens inverse pour la libérer.
    • Des séances de 30 à 40 minutes, entrecoupées de pauses, deux heures par jour au plus.

    Les bons réflexes

    Avant
    • Obstacles retirés, trous marqués
    • Plein fait à 3 m du point de démarrage
    Pendant
    • Deux mains, pieds écartés
    • Mèche remontée pour vider
    Si ça bloque
    • Gâchette relâchée, moteur coupé
    • Jamais d’accélération pour forcer

    Avant de démarrer : équipement, terrain et carburant

    La tenue d’abord. Des gants épais qui tiennent la poignée sans glisser, des chaussures montantes à semelle crantée, une protection auditive et des lunettes contre les projections de terre. Les vêtements flottants et les lacets qui pendent restent à la maison : une spire qui tourne happe tout ce qui passe à sa portée.

    Le terrain ensuite. Une zone de 15 m autour de l’utilisateur reste interdite aux enfants, aux animaux et à toute autre personne.

    Retirez pierres, souches et débris visibles, marquez l’emplacement de chaque trou et vérifiez où passent les réseaux enterrés. N’utilisez pas la machine sur un sol glissant, sous l’averse ou par grand vent, ni le soir quand on ne voit plus bien.

    Le plein, enfin, se fait moteur froid, et l’on s’éloigne d’au moins trois mètres avant de démarrer. Le mélange doit être récent et au bon taux, détails dans mon guide du mélange pour tarière.

    Comment démarrer une tarière thermique

    Chaque marque a ses nuances, la logique reste identique. La séquence ci-dessous suit la Stihl BT 131.

    1. Machine posée au sol, sur un sol plat et ferme. Sur une tarière à frein de mèche, celui-ci est engagé.
    2. Pompe d’amorçage : on presse la poire, au moins cinq fois sur une Stihl, pour envoyer le carburant au carburateur.
    3. Starter : fermé pour un démarrage à froid, ouvert si le moteur est chaud.
    4. Prise ferme : un pied ou une main en appui sur le cadre, sans toucher à la gâchette d’accélérateur.
    5. Lancement : tirer doucement jusqu’à la première résistance, puis d’un coup sec. On ne sort jamais le câble jusqu’au bout et on raccompagne la poignée.
    6. Retour au ralenti : une fois le moteur lancé, on rouvre le starter et on laisse le moteur au ralenti.

    Contrôle indispensable avant de forer : au ralenti, la mèche reste immobile, car l’embrayage centrifuge ne l’entraîne qu’au-dessus d’un certain régime. Si elle tourne gâchette relâchée, une retouche de la vis de ralenti s’impose, décrite dans la notice. Un moteur noyé repart le plus souvent starter ouvert, en tirant plusieurs fois de suite.

    Tenir la tarière et forer sans forcer

    Les pieds un peu plus écartés que les épaules, le poids bien partagé entre les jambes, les deux mains fermées sur les poignées, pouces passés dessous. Sur la BT 131, le levier du frein de mèche vient s’appuyer contre la cuisse gauche : c’est lui qui stoppe la mèche si le carter se met à tourner.

    On pose la pointe à l’emplacement marqué, on vérifie que la machine est d’aplomb, et l’on commence.

    • Accélérer à mi-course. On démarre le forage gâchette à moitié, pour que la mèche entre sans à-coup. Inutile de monter plus haut que le sol ne l’exige.
    • Laisser la mèche descendre. Une faible pression d’avance suffit. S’appuyer dessus ne fait que freiner la mèche et fatiguer le réducteur.
    • Remonter régulièrement. Quand la spire est chargée, on la sort du trou en accélérant légèrement pour éjecter la terre, puis on replonge.
    • Ouvrir petit avant de forer gros. Pour une mèche de 250 ou 300 mm dans un sol ferme, un avant-trou avec une mèche plus étroite s’impose.

    Travailler avec une rallonge

    La rallonge ne se monte qu’une fois la mèche entière enfoncée dans le trou. Démarrer avec la rallonge en place met les poignées à hauteur de poitrine, où la machine ne se tient plus correctement. Pour la même raison, on retire la rallonge avant de sortir complètement la mèche du trou.

    Mèche bloquée dans le trou : que faire ?

    C’est le moment qui fait les accidents. La spire se coince entre deux pierres ou sur une grosse racine, le moteur continue de pousser, et toute la machine tourne dans l’autre sens, entraînant les bras avec elle. Les tarières équipées d’un frein de mèche, comme la Stihl BT 131, coupent alors l’entraînement quand le levier vient buter contre la cuisse. Les autres comptent sur vos réflexes.

    1. Relâchez la gâchette immédiatement. N’accélérez jamais pour forcer le passage.
    2. Coupez le moteur et, si la machine en a un, engagez le frein de mèche.
    3. Tournez toute la tarière à l’envers, vers la gauche, tant que la mèche ne s’est pas libérée.
    4. Dégagez l’obstacle avec une barre à mine ou décalez le trou, puis contrôlez le frein de mèche avant de reprendre.

    Sur un terrain truffé de racines ou de cailloux, mieux vaut ralentir, remonter plus souvent et accepter de finir quelques trous à la main. Les méthodes pour creuser un trou en terre dure complètent ce chapitre.

    Tarière thermique seul ou à deux ?

    Les tarières une personne, de loin les plus courantes, sont faites pour un seul opérateur. Une seule personne manie la machine, les autres restent à distance, même au démarrage. Les tarières deux personnes, reconnaissables à leurs quatre poignées, servent aux gros diamètres et aux sols lourds : chacun tient son côté, et l’effort de réaction se partage.

    La limite pratique est surtout physique. Passé 12 kg environ, une machine à une personne devient pénible à relever trou après trou, et le moindre blocage se ressent davantage. Si vos trous sont nombreux et larges, une machine posée sur un châssis à roue, comme une tarière sur brouette, porte le poids à votre place.

    Pauses, vibrations et fin de séance

    Les vibrations d’une tarière se paient le soir, dans les doigts et les poignets. Le bon rythme : des séances de 30 à 40 minutes, puis 10 à 20 minutes de repos, et deux heures par jour au maximum. Des doigts qui blanchissent, picotent ou gonflent sont un signal d’arrêt, pas un détail.

    • Après un effort prolongé, laissez le moteur tourner quelques instants au ralenti avant de l’arrêter : l’air de refroidissement évacue la chaleur accumulée.
    • Pour arrêter, relâchez la gâchette, laissez tourner une trentaine de secondes, puis basculez l’interrupteur sur arrêt.
    • Les trous ouverts se couvrent ou se signalent avant de quitter le chantier. Une cheville tordue dans un trou de 20 cm, cela arrive vite.
    • La mèche se nettoie de sa terre avant de rentrer à l’abri, et la machine refroidit loin de l’herbe sèche.

    Pour un rangement de quelques jours, laissez le réservoir plein. Pour un remisage plus long, la vidange du réservoir et le mélange frais au retour sont détaillés dans le guide du mélange.

    Mon verdict

    La sécurité tient dans un geste : lâcher la gâchette au premier blocage.

    Tout le reste découle de là : une zone dégagée, une mèche qui reste immobile au ralenti, une faible pression d’avance, des remontées fréquentes et des pauses franches. Le reste vient avec les trous, et vos poignets vous diront vite si le rythme est le bon.

    Démarrage, ralenti, pluie : les cas courants

    Tarière thermique qui ne démarre pas : par quoi commencer ?

    Commencez par l’évidence : interrupteur sur marche, carburant dans le réservoir, poire d’amorçage pressée, starter dans la bonne position selon que le moteur est froid ou chaud. Vérifiez ensuite que le capuchon est bien emboîté sur la bougie. Un mélange de plus d’un mois est aussi un suspect fréquent.

    La mèche tourne sans que j’accélère : pourquoi ?

    Le régime de ralenti est trop élevé, et l’embrayage centrifuge reste engagé. Le réglage se fait à la vis de ralenti, par petites retouches, jusqu’à l’arrêt complet de la mèche. Si elle tourne encore avec un réglage correct, la machine part en atelier.

    Comment utiliser une tarière manuelle ?

    On pose la pointe bien d’aplomb, on tourne la poignée en appuyant légèrement, et on remonte l’outil dès que les lames ou la spire sont pleines. Dans un sol sec, un peu d’eau dans le trou facilite la suite. Les modèles et leurs usages figurent dans mon comparatif des tarières manuelles.

    Peut-on forer sous la pluie ?

    Abstenez-vous. Averses et orages excluent tout forage, et un sol détrempé devient glissant sous les pieds au moment où la machine réclame des appuis solides. Une terre simplement humide, en revanche, se fore mieux qu’une terre sèche.

    L'auteur

    Thierry

    Jardinier, fondateur de Ma Tarière

    Jardinier, j'ai planté ma première clôture à la bêche avant de passer à la tarière. Ici, je compare les tarières d'après leurs caractéristiques vérifiées et ce que mon terrain d'argile m'a appris, pour que la vôtre corresponde à votre sol et aux trous que vous avez à faire.

    Je ne teste pas les tarières en atelier : je lis leurs notices et leurs fiches techniques chez le fabricant, puis je les compare en partant du sol et du trou. Ma façon de comparer →